Le VB Abeille Bretagne.

Le VB Abeille Bretagne est un remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS), d’une longueur hors tout de 80 mètres et d’une largeur au maître-bau de 16,5M, pour un tirant d’eau de 6 mètres.

Ses 4 moteurs principaux (MAK 8M32C) de 4 000 kW chacun, soit 16 000 kW au total, lui permettent de naviguer à 19,5 nœuds par temps calme et 16,5 nœuds par force 7 et vent de face. Il est capable de remorquer des navires de toutes tailles et maintenir à l’étale les plus grosses unités dans des conditions de mer extrêmes.

Sa motorisation est complétée par deux propulseurs d’étrave de 883 kW chacun et deux propulseurs d’étambot de 515 kW chacun. Cette motorisation offre une poussée transversale de 40 tonnes au total.

Pour l’assistance et le sauvetage, l’équipage de 12 marins dispose de deux canots de secours pouvant récupérer chacun 18 personnes à la mer. En complément le bateau est équipé de pompes, canons à eau et mousse débitant 1240 m3 à l’heure et de moyens antipollution (dispersant et bras d’épandage).

Rôle principal :

Le VB Abeille Bretagne est un remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS), affrété par la Marine Nationale au profit de l’Action de l’État en Mer. Basé à Brest, il assure la sécurité maritime du rail d’Ouessant.

Ses missions consistent à venir en aide aux navires en détresse ou en difficulté, à lutter contre la pollution marine, à prévenir les échouements et protéger les côtes bretonnes. Le cas échéant, il peut accueillir un hélicoptère.

Il intervient sur le rail d’Ouessant, en mer d’Iroise et si nécessaire sur toute la façade Atlantique.

En alerte permanente.

Le VB Abeille Bretagne est en alerte permanente et peut appareiller en moins de 40 minutes, 24h/24 et 365 jours par an, à la demande du CROSS ou sur ordre du Préfet maritime de Brest. Pour optimiser les délais d’intervention, le navire adopte plusieurs stratégies de pré-positionnement :

  • Mouillage ou positionnement sur coffre près des zones à risque (ex. : rail d’Ouessant), surtout par mauvais temps.
  • Surveillance active des zones maritimes à fort trafic, en coordination avec les CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage) et le Préfet maritime de Brest
  • Collaboration avec les autres RIAS (remorqueurs d’intervention) basés à Cherbourg, Boulogne-sur-Mer et Toulon, pour couvrir l’ensemble du littoral français.

Déroulement typique d’une opération de remorquage

Il est possible de distinguer 4 étapes schématiquement : l’approche du navire en difficulté, la mise en place de la remorque, le remorquage et la fin de l’opération.

Approche du navire en difficulté et mise en place de la remorque:

Le remorqueur se positionne en amont du navire en difficulté en intégrant les conditions d’intervention : vent, courant, état de la mer, géographie des lieux…

Les propulseurs d’étrave et d’étambot facilitent la manœuvre en offrant une grande maniabilité.

Si le navire en difficulté a encore de l’énergie et un équipage opérationnel, le remorqueur l’approche par l’arrière.

Une ligne légère est lancée par le remorqueur vers le navire en détresse en recourant à un canon à aussières ou lance-amarre ou d’une fusée porte-amarre. Une fois récupérée par le navire assisté, elle permet de tirer la remorque principale vers le navire en difficulté qui la fixe sur un point solide comme la chaîne d’ancre par mauvais temps ou pour les plus gros navires. La fixation sur la chaîne d’ancre du navire remorqué permet d’amortir les à-coups notamment dans de mauvaise conditions météorologiques.

Une fois fixée, la remorque est tendue via le treuil du VB Abeille Bretagne.

Si le navire en détresse est à la dérive voir sans équipage, le remorqueur est alors contraint de se positionner au plus près du navire. La remorque est mise en place manuellement soit en lançant directement la remorque lorsque les conditions le permettent, soit en utilisant un canot de secours ou en réclamant l’assistance d’un hélicoptère pour atteindre le navire en détresse.

Remorquage

En général, le remorquage est fait « en ligne ». Dans cette configuration, le remorqueur et le navire aidé sont alignés et reliés à l’aide d’une aussière fixée au croc de remorque.

Dans certains cas et uniquement par beau temps, les deux navires se mettent à couple, reliés par plusieurs aussières. Cette configuration permet une meilleure coordination. Elle permet notamment l’utilisation des pompes du remorqueur en cas de voie d’eau sur le navire assisté.

La longueur de la remorque est ajustée. En haute mer, elle allongée au maximum ce qui permet de réduire les risques de collision et raccourcie à l’approche des ports ou sur des zones au passage plus étroits.

L’opération de remorquage fait l’objet d’un suivi constant et peut nécessiter de renouveler l’opération lorsque le « chaînon fusible » reliant la remorque au navire assisté se rompt. Ce chaînon ou maillon fusible est un élément volontairement plus faible qui relie l’aussière principale et le point d’attache du navire en détresse. Il se rompt en cas de tension excessive et permet ainsi de protéger l’aussière principale ou le cas échéant de libérer le navire secouru si celui ci devient incontrôlable.

Fin de l’opération :

L’opération se termine lorsque le navire est conduit vers un port-abri ou une zone sûre. Si nécessaire, intervention peut inclure l’utilisation des moyens de lutte antipollution ou contre tout incendie.



Le saviez vous?

Les initiales VB dqns l’appellation « VB Abeille Bretagne » font référence à Vicente Boluda qui est le dirigeant du groupe espagnol Boluda Towage, leader mondial du remorquage portuaire et d’assistance maritime, avec plus de 850 navires (remorqueurs, navires de sauvetage) opérant dans plus de 170 ports sur 3 continents (Europe, Afrique de l’Ouest, Cap Vert, Amérique latine, océan Indien).

Le groupe espagnol a intégré la société Les Abeilles (à l’origine du navire) entrainant le changement de nom en 2025 lors de la restructuration de la flotte française de remorqueurs d’intervention et de sauvetage.