Le Stearman, légende volante

Un avion qui a marqué l’histoire de l’aviation

Le 9 mai 2026, nous avons assisté à la journée des familles et de répétition du meeting aérien de Lann Bihoué qui se tenait le lendamain, Dimanche 10 Mai 2026. A cette occasion nous avons pu rencontrer Jérôme, qui présentait un Boeing-Stearman PT-17.

Cet avion mythique a été l’outil de base pour former en masse les pilotes américains de la seconde guerre mondiale. Notre échange a été l’occasion d’évoquer l’histoire de ce biplan légendaire et de partager quelques anecdotes sur ce modèle et même une part de mystère qui entoure l’exemplaire présenté.


un avion école robuste.

Le Stearman Model 75 était aussi nommé « Kaydet » ou « Yellow Peril » en raison de sa livrée d’un jaune particulier. Elle fut choisie du fait de la meilleure perception par l’oeil humain de cette couleur. En rendant bien plus visible les avions qui l’arboraient, elle renforçait la sécurité des vols. Le Boeing Stearman est un biplan d’entraînement qui a été conçu dans les années 1930. Robuste, simple et fiable, il a été produit à plus de 10 600 exemplaires entre 1934 et 1945 dont l’essentiel livré après 1941 où la production connut alors une très forte accélération après l’attaque de Pearl Harbor, le 7 Décembre de cette année là qui fit basculé les Etats-Unis dans la Seconder Guerre Mondiale. Ces appareils furent destinés principalement à l’US Army Air Forces, l’US Navy et la Royal Canadian Air Force.

Lloyd Stearman en concevant cet appareil songea aussi à l’usage que l’on pourrait en faire dans le civil et entrevoyait déjà divers usages non militaires comme l’épandage agricole. Sa conception robuste en découle ce qui offre une grande sécurité à son équipage. A tire d’exemple si l’avion fait un bascule par devant, les pilotes n’étaient pas écrasés du fait de la résistance des plans verticaux et du plan supérieur de l’appareil.


Des innovations techniques pour son époque

Le Boeing Stearman est un avion biplan à moteur en étoile. En général, il est mu par un Lycoming R-680 ou un Continental R-670.

Doté d’un train dit classique (train fixe principal et roulette de queue), le Stearman résiste bien aux atterrissages durs qui peuvent jalonner les phases d’apprentissage. Il peut être qualifieé d’« avion robuste qui pardonne» autorisant quelques erreurs caractéristiques des débuts.


Un avion cinématographique

Le Stearman a fait des apparitions dans divers films de cinéma comme « La Mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock, « Pearl Harbor » de Michael Bay, « l’as des as » de Gérard Oury ou encore « Les Chevaliers du Ciel » de Gérard Pirès…


Un héritage toujours vivant

Après la Seconde Guerre mondiale, des milliers de Stearman ont été vendus comme surplus et ont trouvé une seconde vie dans le monde civil. Aujourd’hui, on considère que 1000 à 2000 d’entre eux sont encore plusieurs en état de vol, dont une bonne trentaine en France. Si en France, ils sont utilisés principalement pour des baptêmes de l’air, des meetings ou présentés comme avions de collection, ils sont encore utilisés pour de l’épandage agricole ou autres travaux aériens à travers le monde.


Une part d’ombre momentanée pour certains d’entre eux…

Le modèle présenté à Lann Bihoué, est un exemplaire confié pour l’occasion par le Musée Aéronautique de Bretagne (M.A.B.), basé à Rennes et présidé par Hugues Duval. Cet appareil est doté d’un capot moteur qui entoure le moteur en étoile afin de permettre un meilleur refroidissement du moteur. L’appareil date de Novembre 1940. L’historique de ce dernier est incomplet pour le moment. Sa trace est perdue entre 1943 et 1945. Il est possible qu’il ait servi pour la formation des mécaniciens ou qu’il ait été simplement remisé pour un usage ultérieur. Sur ce genre d’appareil, des périodes mal renseignées peuvent exister. Elles nécessitent des recherches approfondies dans les archives militaires situées pour ce type de modèle aux Etats Unis.

Comme des milliers d’autres, il a survécu à la guerre et a été converti, après 1945, pour des usages civils. De façon générale ces avions ont alors été utilisés pour l’épandage agricole, le remorquage de banderoles ou de planeurs, pour des spectacles aériens, de la voltige ou plus simplement des vols de loisir incluant des baptêmes de l’air.

L’appareil présenté à Lann Bihoué fut rapatrié par container des Etats Unis pour être progressivement remis en état de vol près de Rennes.

Pour celui de Jérôme, l’historique est parfaitement connu. Son absence résulte d’une intervention importante de maintenance touchant son aile. L’objectif est de le présenter prochainement lors de meetings aériens et de partager avec le public une part d’histoire aéronautique. Cet avion intemporel est avant tout un symbole et un hommage qui représente un des nombreux témoins de l’Histoire.



Avec sa bonhomie, le bruit sourd et grave de son moteur en étoile, il fait encore rêver ceux qui le croisent. Si l’on imagine en plus le souffle du vent dans les haubans, l’odeur d’huile et de cuir des cockpits ouverts, on se laisse vite transporté dans l’âge d’or de l’aviation. Sa silhouette de biplan, son allure robuste et son histoire de formateur de pilotes en font une légende volante, aussi attachante que rassurante et spectaculaire.